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Intégration des TIC et nouvelle pédagogie universitaire

Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec

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Intégrer les TIC dans l’activité enseignante

26 auteurs ont participé à la rédaction de l’ouvrage collectif Intégrer les TIC dans l’activité enseignante : quelle formation ? Quels savoirs ? Quelle pédagogie ? publié en mai dernier aux Presses de l’Université Laval. Les 10 articles qu’ils nous présentent portent sur de multiples facettes de l’intégration des TIC dans l’enseignement.

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Jean-François Cardin
Professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et codirecteur de l’ouvrage
Ces contributions approfondissent, sous la forme de réflexions, de récits d’expériences et de résultats de recherches récentes, des communications présentées à l’occasion d’un colloque qui a eu lieu à l’Université Laval en mai 2002 [1]. Le contexte général est le suivant : à l’heure où les réformes des programmes d’enseignement et de formation à l’enseignement instaurées au Québec et dans d’autres pays industrialisés véhiculent l’idée que les TIC peuvent accélérer le développement d’un éventail de compétences par les élèves, l’intégration des TIC soulève plusieurs problèmes et questions d’actualité qui doivent faire l’objet de recherches plus approfondies.

Les articles sont présentés par une introduction dans laquelle les directeurs du projet [2] ébauchent, à l’aide des résultats d’études significatives sur le sujet, une problématique générale de la question de l’intégration des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage scolaire. Cette entrée en matière a pour toile de fond le milieu de l’enseignement au Québec au cours de la dernière décennie, notamment caractérisé par les réformes des programmes d’études, et met en relief deux conditions déterminantes pour une intégration réussie des TIC dans l’activité enseignante : la révision du rôle de l’enseignant et l’importance de la formation initiale et continue de ces derniers. Le texte qui suit constitue un bref compte rendu des principaux éléments qui sous-tendent cette problématique.

Intérêt des TIC dans un contexte de réforme des programmes d’études

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Daniel Martin
Professeur et directeur de l’Unité d’enseignement et de recherche (UER) à l’UQAT et codirecteur de l’ouvrage
La réforme des programmes d’enseignement au préscolaire et au primaire mise en oeuvre à partir de l’automne 2000 par le ministère de l’Éducation du Québec a introduit une nouvelle approche d’apprentissage compétence mettant l’accent sur l’acquisition et le développement, par les élèves, de compétences disciplinaires et transversales. On vise ainsi une meilleure adéquation entre les savoirs construits par les individus et leur utilisation dans des situations concrètes. Les apprentissages sont désormais présentés dans l’optique d’une pédagogie constructiviste selon laquelle l’apprenant construit son savoir, ses compétences. Dans le cadre de la réforme, les TIC deviennent des outils pouvant appuyer cette démarche dans la mesure où ils engagent ou modifient les conditions de l’engagement des élèves dans le processus d’acquisition des connaissances, dans la résolution de problèmes et dans la mise en contexte des apprentissages.

La révision du rôle de l’enseignant - une condition requise pour une véritable innovation pédagogique avec les TIC

En raison de ces changements survenus dans la conjoncture du milieu de l’éducation, le savoir-faire développé à la suite d’une longue expérience du métier d’enseignant est ébranlé. L’intégration des TIC implique une remise en question importante des méthodes pédagogiques traditionnelles de même qu’une nouvelle définition du rôle de l’enseignant : celui-ci laisse son statut d’expert pour devenir un guide pilotant la démarche personnelle de l’élève.

Certains enseignants sont réceptifs à l’idée d’intégrer les TIC, mais sans souscrire pour autant à de nouveaux modèles d’enseignement et d’apprentissage, à une transformation de leur rôle d’enseignant. Selon les auteurs, cette situation ne permet pas l’exploitation du plein potentiel des TIC à des fins d’innovation pédagogique. Par conséquent, il faut modifier les perceptions qu’ont les enseignants à l’égard de leur propre rôle. Il importe de mettre en place de nouveaux modèles de fonctionnement et de nouvelles stratégies de gestion de classe permettant d’assurer la coopération et l’implication active des apprenants ainsi que l’utilisation optimale des ressources dans l’environnement.

Des difficultés sur le terrain... et la nécessité d’une formation des enseignants

Il faut reconnaître que certains doutes peuvent entraîner une résistance face à l’introduction des TIC. Apprend-on vraiment mieux avec les TIC ? Le prix à payer, en termes d’efforts et de temps, se justifie-t-il vraiment ? Il ne faut pas ignorer, de plus, l’existence de difficultés bien réelles vécues par les enseignants et documentées par des études citées par les auteurs : épuisante et récurrente mise à niveau des compétences informatiques, crainte d’un manque de temps et de soutien, désarroi face à un nouvel environnement technique et sentiment d’incompétence en présence d’élèves très doués en informatique.

En somme, l’introduction des TIC implique un changement majeur qui peut, chez certains, bouleverser les manières traditionnelles d’enseigner et de communiquer avec les élèves. Mais en dépit des difficultés mentionnées précédemment, il est possible de viser une intégration harmonieuse des TIC dans la mesure où cet objectif s’accompagne d’un facteur indispensable : la formation, tant initiale que continue, des enseignants.

Contrairement à l’âge et au sexe des enseignants, qui auraient très peu d’incidence sur la tendance à intégrer les TIC dans les pratiques pédagogiques, l’investissement personnel et la formation constituent des facteurs qui ont un impact sur l’attitude des enseignants à l’égard des TIC. Au-delà de l’expertise technique qu’elle procure, la formation leur permet d’augmenter leur confiance en soi de même que leur intérêt et leur motivation à l’égard des TIC. Elle doit englober l’organisation d’activités, la création de programmes informatiques, la scénarisation d’activités pédagogiques, l’utilisation du traitement de texte et l’usage de diverses autres applications technologiques.

Quelle forme doit prendre cette formation ? Comment peut-elle stimuler le développement professionnel à différentes étapes d’une carrière ? Quel degré d’expertise doit-on viser ? Comment atteindre un équilibre entre la maîtrise des aspects techniques et la capacité de construire des scénarios pédagogiques ? Comment une utilisation plus soutenue des TIC modifiera-t-elle la nature du travail enseignant ? Quels facteurs déterminent l’intégration des TIC dans l’enseignement ? Les textes de cet ouvrage explorent différents volets de ces questionnements. Ils suggèrent des pistes de réflexion et d’action qui permettront d’alimenter la recherche et l’intervention à ce sujet.

Présentation des 10 articles

Référence de l’introduction :

Introduire les TIC en enseignement dans un contexte de réforme des curricula : mise en contexte et ébauche d’une problématique
Jean-François Desbiens (Université de Sherbrooke), Jean-François Cardin (Université Laval), Daniel Martin (UQAT) et Vincent Rousson (UQAT)

Référence de l’ouvrage :

Desbiens, J.F., Cardin, J.F., Martin, D. (dir.) (2004). Intégrer les TIC dans l’activité enseignante : quelle formation ? Quels savoirs ? Quelle pédagogie ? Sainte-Foy : Les Presses de l’Université Laval.

Notes

[1] Le Colloque « L’intégration des NTIC dans l’activité enseignante : quelle formation pour quels savoirs ? Quels savoirs pour quelle pédagogie ? » a eu lieu en mai 2002 à l’Université Laval dans le cadre du congrès annuel de l’ACFAS.

[2] Il s’agit de Jean-François Desbiens, Jean-François Cardin et Daniel Martin avec la collaboration de Vincent Rousseau.